- Je vends des… des récipients plastifiés destinés à conserver les aliments dans les conditions les plus extrêmes, mon brave, lui répondit nonchalamment l'agent 02880, car son expérience du métier d'espion lui avait appris à toujours garder son calme et à trouver des réponses à tous les types de questions possibles en toutes circonstances.

- Eh, t'entends ça Ramucho?! Lança le gars bourru à un de ses collègues posté à 1 mètre de là. Y vend des gamelles en plastique, l'autre… Hahahaha!

Bon, vas-y c'est OK, dit-il alors à Jean-Pierre qui n'avait même pas eu peur.


Le sieur Bond s'avança alors dans une allée bordée de magnifiques massifs de fleurs qui brillaient de mille couleurs en cette saison. Il crut même reconnaître le doux parfum du Grattemoilanus Arboricus, une plante sauvage qu'il affectionnait particulièrement. Il arriva devant une énorme porte de chêne massif décorée de fins reliefs dignes de la plus belle des cathédrales et pressa le bouton de l'interphone. La porte s'ouvrit alors dans un impressionnant craquement de bois (logique!). Au milieu du hall d'entrée se tenait un élégant homme en peignoir de soie, une cigarette aux lèvres qui lui lança:

- Bonjour. A qui ai-je l'honneur?

- Duce, Jean-Claude Duce…

Mais l'intonation que notre espion avait, par une malheureuse habitude, mis dans sa phrase venait de le trahir.

- Mais… mais je vous reconnais… vous êtes un agent secret… Vous êtes l'agent 02880, Jean-Pierre Bond!

- Pour vous servir, docteur Cirroz! S'écria l'espion en se saisissant du pauvre Yorkshire de son ennemi et en le lui lançant au visage.

- AAAAAAAAAHHHHH! À moi la garde! Général Motorz, attrapez-le!


Notre agent secret bondit alors comme une gazelle et s'enfuit dans un des nombreux couloirs de la villa. Le général Motorz était à ses trousses. Il faut dire qu'il est bigrement impressionnant du haut de ses 2 mètres et de ses 147 kgs. Jean-Pierre courait dans le dédale des salles et des pièces tandis que le général tirait tout droit à travers les portes et les murs, écartant de ses puissants bras bioniques les meubles et autres obstacles qui barraient sa route. Mais ce qui devait arriver arriva, son sens de l'orientation avait ses limites et il se retrouva coincé dans ce que l'on appelle communément un « cul-de-sac ». Il était fait comme un rat. Aucune alternative ne se présentait, il allait falloir affronter le général.

- OK, à nous deux général Motorz! S'écria-t'il.

- HINHINHIN! lui répondit ce dernier.

- Tiens, prend ça! Cria Jean-Pierre et joignant le geste à la parole,  il attrapa son avant-bras (à lui) et défit le bracelet de sa montre qui était en fait un bandeau de munitions conçu pour alimenter une minimitrailleuse de poignet. Il lui tira les 180 cartouches en plein abdomen.

- HAHAHA! Fit le général Motorz qui avait survécu sans dommages.

- Bon, ben prend ça alors lui dit l'espion en décrochant sa boucle de ceinture explosive. Il la lança et il s'en suivit une détonation surpuissante qui fit trembler les fondations de la demeure.

La fumée se dissipa lentement, un froid silence de mort régnait maintenant… ou alors Jean-Pierre était devenu sourd.

- HOUHOUHOU! Se gaussa alors le général Motorz.

- C'est à dire que là vous êtes lourd… Mais voilà encore une surprise! Cria l'agent 02880 en saisissant un bouton de manchette entre ses doigts. Il actionna alors un Gigalaser à fission postnucléaire qui, honnêtement, saccagea la baraque d'un bout à l'autre… Mais le général d'inox en sortit une nouvelle fois indemne et mort de rire.

- La vie de ma mère, tu commences à me les briser! Je vais t'arracher ta …bip… de tête de …bip… avec tes …bip… que tu t'en remettras pas ce coup-ci! J'vais t'mettre une claque que tu vas faire 3 fois le tour de ton slip sans toucher l'élastique!

Cette exclamation sortie machinalement donna une nouvelle idée géniale totalement improvisée à notre espion. Il tira son slip de son pantalon d'un coup, comme ça, probablement une ruse de l'école d'espionnage et ramassa un morceau de béton tombé du mur. Il plaça ce bout de mur dans l'élastique de son sous-vêtement et s'en servit comme d'une fronde.

     

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